Le Maraîchage biologique

Le maraîchage consiste en la culture de végétaux à usage alimentaire, principalement de légumes, à vocation professionnelle, dans le but d'en tirer un bénéfice et s'assurer un revenu, ce qui le distingue du jardinage.

1 - Son objectif

  • Enfouissement des amendements organiques et engrais verts superficiellement, les résidus végétaux ne se dégradant qu'en conditions aérobiques (oxygénées).
  • Obtention d'une structure du sol granuleuse, permettant un bon enracinement des racines, nécessaire pour effectuer un semis.
  • Amélioration en profondeur de la perméabilité et porosité du sol ; en profondeur avec l'emploi d'une sous-soleuse, superficiellement avec des outils à dents ou rotatifs. L'amélioration de la porosité, est favorable à l'entrée d'oxygène bénéfique à la microfaune et la flore du sol, et à la circulation de l'eau disponible pour les plantes.
  • Perturbation des bioagresseurs (multiplication et présence) dans le sol, tels que campagnols et larves.
  • Contrôle des adventices, par leur destruction via le retournement, mise à nue des graines, pratique du faux semis.


Tout travail du sol a des effets négatifs devant être compensés. Ce dernier entraine la destruction d'une partie de la vie dans le sol (microfaune et flore), un sol nu favorise la levée de dormance des adventices, et son érosion, compensable par semis d'engrais vert.


2 - Typologie des méthodes de travail des sols

  • Sur petites surfaces, utilisation d'une grelinette et houe maraîchère.
  • Sur surfaces moyennes, utilisation d'un motoculteur, avec attèlement d'outils tels que herse rotative, herse étrille… Au sein d'un système Fortier.
  • Sur grandes surfaces (>5000 m²), utilisation de tracteurs avec attèlement d'outils.

Ces méthodologies peuvent également être complémentaires.


3 - Itinéraire de travail des sols

<font inherit/inherit;;#16a085;;inherit>Étapes :</font> <font inherit/inherit;;#16a085;;inherit>1</font> <font inherit/inherit;;#16a085;;inherit>2</font> <font inherit/inherit;;#16a085;;inherit>3</font> <font inherit/inherit;;#16a085;;inherit>4</font> <font inherit/inherit;;#16a085;;inherit>5</font>
Type de travail Broyage d'engrais verts et résidus de culture Déchaumage par destruction et incorporation de déchets végétaux Décompaction du sol par sous-solage Préparation de planches de culture pour semis/plantation Binage et buttage
<font inherit/inherit;;#2980b9;;inherit>Type d'outils</font>

-Broyeur à marteau</font> | <font inherit/inherit;;#2980b9;;inherit>-Déchaumeur</font> | -Profond : <font inherit/inherit;;#2980b9;;inherit>sous-soleuse</font>
-Superficiel : <font inherit/inherit;;#2980b9;;inherit>cultivateur, rotobêche</font> | -Profond : <font inherit/inherit;;#2980b9;;inherit>labour</font>
-Superficiel : <font inherit/inherit;;#2980b9;;inherit>herse-rotative</font> | <font inherit/inherit;;#2980b9;;inherit>-Bineuse
-Butteuse</font> |

Un apport de matière organique est possible dans l'engrais vert (fumier, compost…), et avant plantation/semis (amendements organiques et compost)


3-1 - Le broyage des engrais verts et adventices

  • Utilisation d'un girobroyeur, outil à axe horizontal coupant de longues tiges de végétaux, propulsées sur le côté.
  • Utilisation de broyeurs à fléaux / marteaux, broyant la matière végétale, déposant cette matière sur la planche de culture, plus aisément dégradée par la microfaune et la flore du sol.

3-2 - Le Déchaumage

  • Se pratique à l'aide un déchaumeur, permet une intégration superficielle de matière végétale dans les premiers centimètres du sol, qui en contact avec la microfaune et flore du sol, se dégrade plus facilement.
  • Effectue un premier travail du sol, superficiel.
Déchaumeur (outil)
Image issue des livres “Techniques horticoles“ Tome 1, Tome 2, Tome 3, de Pierre Gautreau et Alain Machefer

3-3 - Le décompactage

Le sous-solage augmente la porosité des sols compactés. Rien n'oblige à le pratiquer annuellement mais il est vivement recommandé lors de la reprise d'une prairie, suite à la compaction du sol par des animaux, ou d'engins agricoles.


Image issue des livres “Techniques horticoles“ Tome 1, Tome 2, Tome 3, de Pierre Gautreau et Alain Machefer

3-4 - Pratique le travail superficiel du sol

Ce dernier permet la préparation d'un lit de semence, via l'obtention d'une structure grumeleuse du sol. Il est pratiqué par divers outils à dents ou rotatifs. Il est possible de travailler sur des planches de culture rehaussées afin d'y favoriser l'écoulement de l'eau et le réchauffement du sol. Cette technique est utile et a notamment fait ses preuves sur sols argileux.


Image issue des livres “Techniques horticoles“ Tome 1, Tome 2, Tome 3, de Pierre Gautreau et Alain Machefer

3-5 - Pratique du binage

On utilise généralement le binage à l'aide de cultivateurs re-modulés, ou de bineuses conçues dans cet objectif. Ces dernières peuvent être fixes, ou autoguidée, maniée par un opérateur agricole par l'arrière.


4 - Le choix du matériel

4-1 - Liste des outils mécanisés

Type d'outil de travail du solPhotographieObjectifsDescriptifAvantages et inconvénientsCoût
CharrueTravail du sol en profondeur, enterrage des graines d'adventices et de la végétation, incorporation d'amendementsSocs et versoirs offrent un système de travail du sol en profondeurLa charrue retourne le sol en profondeur, ainsi que ses horizons, mais enfoui les résidus de végétaux trop profondément, entraînant leur mauvaise destruction en milieu anaérobique. Elle est toutefois efficace pour détruire les graines d'adventices et la végétation présente.
La pratique du labour nécessite toutefois une très bonne dextérité
Au dessus de 150€
CultirateauPréparation d'un lit de semence par un travail finUn rotavator tourne dans le sens d'avancement de l'engin porteur motorisé à 10cm de profondeur, tandis qu'un second rouleau tourne dans l'autre sens sur 2 à 3cm de profondeur. Un rouleau émietteur émiette le sol en aval.L'outil forme des planches de culture en travaillant grossièrement le sol sur 10cm, tout en l'affinant sur 2cm pour former un beau lit de semence.
Ce travail s'effectue en une seule fois, après un travail en profondeur à l'aide d'un outil à dents.
???€
Cultivateur / Déchaumeur à dentsEmiettage des sols et enfouissement en profondeur des végétaux (adventices, résidus de cultures…)Dents incurvées ou droites, en quinconce sur 20 à 30 cm de largeur.L'outil effectue un travail en profondeur idéal pour des légumes à racines pivotantes, mais peut également servir à enfouir des engrais verts1500€
Déchaumeur à disque / Cover cropPratiquer le déchaumage en détruisant et incorporant superficiellement les engrais verts et résidus de cultures organiques.DisquesL'outil permet la réalisation d'un labour superficiel sur une profondeur de 10cm, favorisant toutefois l'installation de plantes à rhizomes et exigeant de la puissance sur sols secs.5000€
Déchaumeur à patte d’oie / ActisolTravail grossier du sol, superficiel ou en profondeurPatte d'oie à dents droites équipée d'un rouleau émietteurOutil permettant de scalper l'horizon supérieur, pouvant avoir une bonne efficacité sur les adventices, il est parfois utilisé en pour un travail sans labour, simplifié.Entre 8000€ et 10 000€
DécompacteurCassage des semelles de labourPlusieurs dents droits simples ou présence d'un socL'outil effectue un travail d'un sol non-pierreux entre 25 et 40cm de profondeur, son utilisation favorise le développement racinaire.Entre 500€ et 25 000€
Herse rotativeTravail du sol conséquentAxes verticaux rotatifs généralement associé à un rouleau plombeur pour rappuyer le solL'outil, bien qu'adapté aux sols limoneux, a des dents s’abîmant rapidement en sols sableux, tout en favorisant généralement la destructuration des sols, ayant tendance à trop les affiner.Entre 3200€ et 5000€
RotavatorPréparation d'un lit de semence par un travail du sol assez superficielAxe horizontal rotatif tournant le sens d'avancement de l'outil porteur motoriséL'outil n'est efficace que sur un sol ressuyé, et peut provoquer un lissage de ce dernier.Entre 2000€ et 3000€
RotobêcheImitation d'un bêchage par un travail du sol en profondeur.Bêches fixées sur un axe, qu'un vilebrequin actionne, suivi de l'action d'un rotor émiettant les mottes extraites.L'outil sur un sol non-pierreux, ameublit le sol profondément sur 25cm, et peut remplacer la labour en sol argileux, avec toutefois une vitesse de travail réduite.
Il respecte dans l'ensemble les horizons du sol, mais laisse davantage de résidus de culture en surface qu'un labour avec la charrue.
Entre 5000€ et 6000€
Sous soleuseFissurer le sol, afin de favoriser la circulation de l'eau. L'on l'utilise idéalement tous les 4 à 5 ans.Une ou plusieurs dents droites très robustes.L'outil travaille un sol non pierreux de 40 à 80cm et peut permettre d'éviter l'installation d'un drain, mais nécessite 50cv de puissance motorisée par dent.500€ à 900€
Vibroculteur / Cultivateur légerDésherbage des jeunes plantes et préparation d'un lit de semence.Dents incurvées, souples et vibrantesL'outil, considéré comme un cultivateur léger, est efficaces dans des sols limoneux, mais pas les sols lourds. Il respecte la structure du sol et permet la préparation d'un lit de semence.À partir de 150€

Il est possible de choisir les outils présentés ci-dessus, en fonction du type de sol dont on dispose, pouvant différer d'une parcelle à l'autre selon l'itinéraire technique choisi. On travaille généralement à l'obtention de planches rehaussées sur sol argileux, et on évite la herse rotative en privilégiant l'enfouissement de cailloux sur sols caillouteux.

La largeur des planches de culture impacte celle des outils utilisés :

  • Sur système Fortier (voir ci-dessous), grelinettes/campagnoles et motoculteurs sur 70cm de largeur de planche.
  • La largeur entre les deux roues du tracteur (empâtement) lorsque l'on fait le choix de la mécanisation.

5 - Le Système Fortier

Ce dernier consiste à un travail minimal du sol sur planches de culture permanentes, qu'on associe à un apport conséquent de compost. L’élimination des adventices et engrais verts est effectuée par occultation via des bâches d'ensilage posées et fixées au sol. Un travail en profondeur du sol y est effectué par utilisation d'une grelinette ou campagnole, puis en surface par une herse rotative attelée à un motoculteur.

Ce système a plusieurs avantages dont :

Des planches permanentes sur 20cm de sol. Un ressuyage plus rapide du sol, très favorable s'il est argileux. Un réchauffement printanier du sol, plus rapide. L'absence de compactage du sol. La concentration d'engrais organiques sur ces planche permanentes.

Itinéraire technique de reprise d’une prairie :

  1. Broyage des végétaux.
  2. Utilisation d'un cultivateur croisé ou effectuer un sous-soulage à l'aide d'une sous-soleuse .
  3. Labourage en Octobre.
  4. Matérialisation des planches de culture.
  5. Apport d'amendements en surface.
  6. Passage de la herse rotative à l'aide d'un motoculteur pour préparer le lit de semence.

Itinéraire technique d'une planche de culture permanente :

  1. Semis d'engrais verts
  2. Incorporation des engrais verts à l'aide d'une tondeuse à fléau
  3. Occultation durant 2 à 3 semaines par une bâche d'ensilage de la planche de culture
  4. Utilisation d'une campagnole ou grelinette afin de décompacter le sol.
  5. Ajout d'amendements en surface
  6. Travailler le sol en remontant la butte à l'aide d'une charrue rotative ou d'un motoculteur équipé d'une herse rotative sur 5cm, avec un rouleau plombeur.
  7. Utilisation d'un râteau afin d'égaliser le niveau de la planche de culture et préparer le lit de semence.
  8. Effectuer un désherbage à l'aide d'outils thermiques, d'une houe, et d'outils manuels tels qu'un sarcloir.

6 - Le maraîchage sur sol vivant

Le maraîchage sur sol vivant axe sa conduite sur la restauration et la préservation de l'activité biologique des sols, afin d'en restaurer leur porosité. Ce dernier consiste notamment en la pratique d'un couvert permanent des sols par paillage ou bâchage des sols, et nécessite l'apport de grandes quantités de matières organiques afin d'aggrader ces derniers.

Ses avantages, sont, notamment :

  • De favoriser la vie du sol, travaillant indirectement au bénéfice du maraîcher.
  • D'éviter le tassement du sol
  • De limiter l'érosion des sols

Itinéraire technique d'une planche de culture sur sol vivant :

  1. Amendement par l'apport de biomasse.
  2. Semis d'engrais verts en automne.
  3. Roulage (couchage) des engrais verts.
  4. Occultation totale des engrais verts couchés par une bâche d'ensilage ou un paillage.
  5. Effectuer des trous dans la bâche pour y repiquer de jeunes plants, ou retrait de la bâche pour y effectuer plantations ou un semis.
  6. Effectuer un paillage naturel.

7 - La possession du matériel

Tout matériel peut être acquis, d'occasion ou neuf, afin d'en devenir propriétaire.
Des subventions régionales permettent notamment l'obtention à neuf d'acquisition de matériel. Il est en outre possible d'adhérer à une CUMA afin de bénéficier de matériels nécessaires pour des travaux ponctuels, tels que l'épandeur de fumier, la récolteuse de pommes de terre, le retourneur d'andains… Il est également possible de signer des contrats d'entraide avec d'autres producteurs, afin de mutualiser les coûts d'acquisition et d'entretien du matériel, au bénéfice de tous.

La classification taxonomique du vivant consiste à classer des organismes vivants selon une hiérarchies de groupes partageant des caractéristiques et un patrimoine génétique communs.

Les végétaux font partie du règne des plantes.

Schéma simplifié de classification des végétaux

1-1 - La famille

-La famille est une des unités de classification. Cette dernière correspond à un groupe d'espèces ayant des caractéristiques morphologiques et botanique identique. Il est vital de connaître les familles de légumes dans le cadre du maraîchage biologique afin de suivre un schéma de rotations cohérent.

1-2 - L'espèce

-L'espèce est une autre unité de classification. Elle regroupe des plantes qui appartiennent au même genre, présentant une certaine uniformité dans leur génotype, notamment leur système racinaire, port, feuillage, fleurs, et fruits.

Des variétés au sein d'une même espèce peuvent se reproduire, incluant leur descendance.

Par exemple, le maïs est une espèce, et cette dernière peut se croiser entre différentes variétés.

L’espèce est systématiquement identifiée par les deux noms inséparables de genre et d’espèce, suivant le nom de genre, vient s’accoler le nom botanique d’espèce en italique sans aucune majuscule. Zea mays, famille des poacées. (Pour le maïs)


1-3 - Tableau de classification des espèces, par principaux types de familles de légumes

Légumes feuillesLégumes FruitsLégumes Racines
AlliacéesCiboulette Ail, échalote, oignon, poireau
ApiacéesCéleri feuille, persil Carotte, céleri rave, cerfeuil tubéreux, fenouil, panais
AsparagacéesAsperge
AstéracéesArtichaut, Cardon, chicorée, laitueTournesolSalsifi, scorsonère, poire de terre, topinambour
Brassicacées (crucifères) Chou de Bruxelles, chou chinois, chou pommé, chou rouge, cresson, moutarde, roquetteBrocoli, chou fleur, cresson, moutardeChou Rave, navet, radis, rutabaga
ChénopodiacéesArroche, blette, épinardsQuinoa
CucurbitacéesConcombre, cornichon, courge, courgette, melon, potimarron
Fabacées (légumineuses)Fève, haricot, lentille, pois, pois-chiche
Nyctaginacées Mauka
Oxalidacées Oca du Pérou
PoacéesMaïs, seigle
PolygonacéesOseille, rhubarbeSarrasin
Solanacées Aubergine, piment, poivron, tomatePomme de terre
ValérianacéesMâche

Il arrive exceptionnellement que deux végétaux n'étant pas de la même espèce, mais du même genre, ou uniquement de la même famille, puissent mener une reproduction à son terme avec l'obtention de semis viables. On parle alors d'hybrides intragénériques et intergénériques. Ces derniers, bien que n'étant généralement peu ou pas fertiles, peuvent dans de rares cas, engendrer des descendances fertiles, donnant alors naissance à de nouvelles espèces.


1-4 - Les variétés

-Une variété est une subdivision d'un genre dans une famille, liée à l'expression des caractères d'un certain génotype ayant des caractéristiques physiologiques,morphologiques, et génétiques, communes et fixées. Ces caractéristiques incluant le comportement du plant lors de sa croissance, son port, sa productivité, sa période de floraison et de fructification selon situation, ainsi que la maturité, les arômes, le taux de sucre (brix), la/les couleurs et la forme de la partie comestible (racine, fleur, fruit…), mais également sa sensibilité face aux bioagresseurs, ainsi que son adaptabilité face son environnement, notamment la nature du sol et le climat, d'un territoire (voir les produits de terroir).

1-5 - Une variété "population"

Les variétés population sont des variétés dont les caractères morphologiques et physiologiques sont variés et ne sont pas fixés. Elles sont utilisées et ressemées chaque année, s'adaptant progressivement à leur environnement. On les surnomme également “variétés paysannes” ou “semences paysannes”.

1-6 - Une variété de "lignée pure"

Une variété de «lignée pure» est généralement issue d'une longue sélection à partir de variétés population, étant reproductible et fidèle de semi, ses caractères morphologiques et physiologiques sont fixés. Sa descendance sera homogène et identique à son parent si elle n'y a pas eu de pollinisation avec une autre variété.

1-7 - Les variétés "F1"

Les variétés F1 sont des hybrides de première génération aux résultats homogènes, généralement issues de croisements de parents de variétés différentes, présentant des caractéristiques intéressantes, liées à des gênes dominants. Toutefois, dans le cadre de gênes récessifs, la caractéristique souhaitée peut ne pas s'exprimer.

Par exemple pour les tomates, le port indéterminé implique un gêne dominant, et le port déterminé un gêne récessif. Croiser une variété au port indéterminé avec une variété au port déterminé engendrera généralement une descendance F1 au port indéterminé.

Lorsque les parents sont bien sélectionnés, une variété F1 est plus performante que ces derniers, pouvant impliquer des rendements plus élevés (poivrons, tomates…), une résistance aux maladies accrue (courgette résistante aux virus, tomate plus résistante au mildiou…), tout en bénéficiant d'une grande homogénéité de production (choux fleurs, melons…).

Inconvénients majeurs : les variétés F1 étant la résultante de l'hybridation de deux parents différents dans une première génération, elles ne sont pas de lignée pure (travail impliquant une longue sélection, parfois jusqu'à F8), leur descendance F2 produira alors des plantes hétérogènes ayant des caractéristiques différentes de leur parent F1.
On dit alors qu'elles ne sont pas fidèles de semis et leur stock de semences devra être régulièrement renouvelé.

Dans un contexte de maraîchage biologique, il convient de bien se renseigner sur l'origine de ces dernières, les semenciers faisant pour certains, appel à de la main d’œuvre à l'étranger, très faiblement rémunérée, aux conditions de travail, cultures, et normes de protections des salariées, très en deçà des standards français, pour effectuer les pollinisations manuelles et la récolte des graines de variétés F1.
Leur coût social et écologique peut être très élevé, en amont du semis.

Dans le cadre de l'agriculture biologique, ces dernières doivent être certifiées AB où, le cas échéant, ne pas être traitées. Il existe une possibilité de vérification de disponibilité, de dérogation d'achat et d'utilisation de semences non traitées et n'étant pas certifiées AB, sur le site semences-biologiques.org

Nombre de semenciers proposent l'achat de semences, tels que Agrosemens, Biau Germe, Essem'Bio, Germinance, Gautier semences, La Ferme de Sainte Marthe

Sur leurs catalogues se trouvent de nombreuses informations décrivant les variétés, dates de semis, la plantation, leur récolte, l'itinéraire technique, et leur prix.

  • Ces dernières peuvent être acquises nues, calibrées ou non.
  • Il est possible d'acquérir des semences enrobées avec de l'argile, afin de faciliter la mécanisation des semis par une motteuse automatique du fait de l'uniformité de la taille et du poids de celles-ci.
  • Cet enrobage offre également l'avantage d'une meilleure levée en régulant l'absorption d'eau et favorisant la germination, mais a un coût d'achat nettement plus élevé.

Le «poids mille graine» (PMG) est utilisé comme unité de mesure, et correspond au poids obtenu lors de la pesée de mille graines. Si le PMG d'une variété est égal à 2 grammes, cela signifie que 1000 graines pèsent 2 grammes, permettant ainsi de savoir que 1 gramme correspond à 500 graines. Ce simple calcul permet de prévoir les besoins d'acquisition de semences selon la superficie de ses planches de culture prévue.

Les prix diffèrent largement selon qu'il s'agisse de semences de lignées pures ou population, souvent anciennes, et de variétés hybrides F1, et, si elles sont nues ou enrobées.

Exemple probants :

  • Les 1000 graines de salade batavia “Carmen” nues sont vendues autour de 2€, tandis que les 1000 graines enrobées (MGE) sont vendues autour de 20€.
  • Pour des variétés de batavia de sélections récentes, les prix peuvent en outre fortement augmenter, allant de 30 à 40€ les 1000 graines enrobées. (MGE)
  • Les variétés F1 peuvent être encore plus onéreuses, avec des écarts tels que 10 graines de courgette verte des maraîchers pourront s'acquérir à 2,20€, tandis que les 10 graines courgette Zelia F1 en coûteront autour de 6€.
  • On trouve le même exemple avec des graines de concombre “marketmore” à 2,50€ les 10 graines, alors qu'il en reviendra à 8,15€ pour une dizaine de graines de concombre akito F1.

Il s'effectue selon de nombreux critères, l'on peut opter pour des variétés de lignées pures dites “anciennes”, généralement plus goûteuses et nutritives, mais potentiellement sensibles à certaines maladies, et offrant un rendement moindre.

Ce choix peut s'effectuer selon des caractéristiques précises :

  • L'adaptation à son sol : la variété de carottes rodelika est bien adaptée pour sols lourds, par exemple.
  • Le calibre du légume : pour les mêmes raisons que le goût.
  • La couleur : en fonction des attentes et demandes de la clientèle, parfois enthousiaste, ou réservée.
  • Les débouchés : restauration, marchés, cantines scolaires, ventes en gros, avec seulement une ou quelques productions, de courges, carottes, poireaux, oignons, pour l'exemple.
  • Le goût : diffère d'une variété à l'autre selon l'espèce, et peut dépendre des préférences du maraîcher ou des attentes des clients.
  • Les périodes de semis : attention par exemple aux salades dont la culture s'effectue sous abris ou en extérieur afin de s'assurer d'éviter qu'elles ne montent en graine.
  • Le rendement attendu : diffère d'une variété à l'autre, F1 ou non.
  • Le temps de croissance : le temps nécessaire avant la récolte d'une variété après semis ou plantation.

  • Un maraîcher peut ressemer des graines issues de sa propre sélection afin d'adapter progressivement ses variétés à son environnement, notamment son sol.
  • Les variétés du domaine public ne faisant pas l'objet d'un certificat d'obtention végétale (COV), peuvent être librement reproduites sans autorisation de l'obtenteur.
  • Les variétés dont le nom est une marque déposée ne peuvent pas êtres revendues sous ce nom sans autorisation du déposant.
  • Pour des informations complémentaires sur la réglementation, il est possible de consulter la fiche du réseau de semences paysannes.

Afin d'être certain d'obtenir une variété identique à celle de départ pour celles dites anciennes, reproductibles, de lignée pure, il conviendra d'être attentif à observer le type de pollinisation de celle ci.

  • Une variété d'une espèce autogame, qui s'auto-pollinise, comme la tomate, a peu de risques de croisement avec d'autres variétés.
  • Une variété d'une espèce allogame, à pollinisation ouverte, comme la courge pepo, ou la courge maxima, peut se croiser avec d'autres variétés en son sein. Il conviendra alors de de n'en planter qu'une variété par espèce, tout en pollinisant leurs fleurs à la main, que l'on prendra ensuite soin d'ensacher.

Pour plus d'information, se reporter au tableau ci-dessous.


5-1 - Tableau des cycles végétatifs et types de fécondation des espèces

Légumes Espèces Cycle végétatif Type de fécondation Pollinisation Éloignement minimum en site ouvert Nombre minimum de porte-graines Remarques
Auberginesolanum melongenaannuelautogame 50 m5
Betteravebeta vulgarisbisannuelallogameanémophile2000 m10
Carottedaucus carotabisannuelallogameentomophile1000 m30
Céleriapium graveolensbisannuelallogameentomophile500 m20
Chicoréecychoriumbisannuelallogameentomophile500 m30
Choubrassica oleraceabisannuelallogameentomophile1000 m20
Concombrecucumis sativusannuelallogameentomophile1000 m5
Cornichoncucumis sativusannuelallogameentomophile1000 m5
Courgecucurbita moschataannuelallogameentomophile2000 m10
Courgettecurcubita pepoannuelallogameentomophile2000 m10
Épinardspinacia oleraceaannuel ou bisannuelallogame (dioïque)entomophile500 m60
Fenouilfoeniculum vulgareannuel ,
bisannuel ou
vivace
allogameentomophile500 m10
Fèvevicia fabaannuelautogame +
allogame (50 à 60%)
50 m25Congélation 10 jours (charançon)
Haricotphaseolus vulgarisannuelautogame 50 m20Congélation 10 jours (charançon)
Laituelactuca sativaannuel ou bisannuelautogame 2m30
Mâchevalérianella locustabisannuelallogameentomophile30 m30
Maïszea maysannuelallogameentomophile400 m50
Meloncucumis meloannuelallogameentomophile1000 m20
Navetbrassica napus ou
campestris
bisannuelallogameentomophile500 m30
Oignonallium cepabisannuelallogameentomophile1000 m20
Panaispastinaca sativabisannuelallogameentomophile500 m20
Poireauallium porrumbisannuelallogameentomophile1000 m50
Poispisum sativumannuel ou
bisannuel
autogame 2m10Congélation 10 jours (charançon)
Pimentcapsicum annuumannuelautogameentomophile50 m5
Poivroncapsicum annuumannuelautogameentomophile50 m5
Radisraphanus sativusannuel ou
bisannuel
allogameentomophile500 m30
Tomatelycopersicum
esculentum
annuelautogame + allogame (négligeable)entomophile2m Bourdons font vibrer la fleur
Données présentées dans le livre «Produire ses graines bio : Légumes, fleurs, aromatiques, et engrais verts»,
De Christian Boué, aux éditions Terre Vivante.

Que signifie qu’une variété est du « domaine public » ?

On dit qu’une variété ou d’une plante qu’elle est du « domaine public » ou qu’elle est « libre de droit » lorsqu’elle n’est pas couverte par un droit de propriété intellectuelle (certificat d’obtention végétale – COV pour les variétés - ou brevet pour les plantes)1) . En pratique, cela signifie qu’ il est possible de cultiver et de reproduire librement les semences qui en sont issues, sans payer l’obtenteur ni même l’en avertir.


Cette situation se présente dans deux cas :

• soit le sélectionneur de la variété n'a pas souhaité la protéger par un droit de propriété intellectuelle ; • soit le titre de propriété intellectuel est arrivé à expiration (après 25 à 30 ans selon les espèces pour un COV, 20 ans pour un brevet). On dit alors que la variété/plante est « tombée dans le domaine public ».

Il n’existe malheureusement pas de liste positive des variétés/plantes du domaine public. En pratique, pour savoir si une variété est protégée, il faut donc mener sa petite enquête…

6-1 - Vérifier que la variété n’est pas couverte par un COV.

A noter : les deux méthodes sont complémentaires, notamment pour être sûr que la variété sur laquelle vous faites une recherche n’est pas concernée par un COV communautaire.


Méthode 1, pour les variétés inscrites au Catalogue officiel français des variétés :

Consulter le Catalogue en ligne sur le site du GEVES ici - Lancer une recherche en cochant « domaine public » dans la case obtenteur permet d’accéder à la liste des variétés sur lesquelles aucun COV n’a jamais été déposé. - Le COV expirant au bout de 25 ans (30 ans pour les arbres forestiers, fruitiers et ornement, pour la vigne, les graminées et légumineuses fourragères pérennes, les pommes de terre et les lignées endogames utilisées exclusivement pour la production de variétés hybrides).

Regarder la date d’inscription au Catalogue : si la variété est inscrite depuis plus de 25 ans (30 ans le cas échéant), on peut en déduire qu’elle est du domaine public. Un critère « date de 1ère inscription » est disponible dans la fonction recherche.

A NOTER :Les variétés inscrites sur les listes c (variétés de conservation) et d (variétés sans valeur intrinsèque) sont nécessairement du domaine public2) .

Attention : si la variété est inscrite sur une telle liste, la commercialisation n’est possible qu’en petit conditionnement.


Pour résumer, une variété du Catalogue officiel français est du domaine public, dans les trois cas suivants :

- l’obtenteur est « domaine public » dans le Catalogue officiel des variétés
- elle est inscrite en liste c (variétés de conservation) et d (variétés sans valeur intrinsèque)
- elle est inscrite au Catalogue depuis plus de 25 ans (30 ans pour les arbres forestiers, fruitiers et ornement, pour la vigne, les graminées et légumineuses fourragères pérennes, les pommes de terre et les lignées endogames utilisées exclusivement pour la production de variétés hybrides).


Méthode 2 : Vérifier que la variété ne figure pas dans les listes de COV, français et communautaire

1ère étape : Vérifier si la variété est couverte par un COV français.
Pour connaître la situation d’une variété au regard de la protection du COV national, il faut consulter le Bulletin officiel de l’Instance nationale des obtentions végétales (INOV). Ce dernier est disponible en ligne.

Attention : les bulletins mensuels ne donnent que les actualités (nouvelles demandes, modifications, retrait, etc.).
Seule l’annexe du Bulletin, publiée une fois par an donne la liste des variétés protégées.


Pour connaître la situation d’une variété, il faut donc consulter l’annexe PUIS les bulletins publiés entre la date de parution de l’annexe et la date de la recherche. La protection d’une variété protégée débutant à la date de dépôt de dossier, il est recommandé de consulter également les demandes en cours. (Ces documents sont disponibles en ligne ici, onglet Variétés/Bulletins officiels INOV)
Pour des recherches ciblées concernant quelques variétés, il est possible d’adresser directement sa demande à la personne responsable (contact sur le site de l’INOV ici)
Si la variété n’est pas protégée par un COV français, elle peut être protégée par un COV communautaire.
Le COV national ne conférant une protection qu’au niveau national, la plupart des obtenteurs optent pour une protection de niveau européen.


2ème étape : Vérifier si la variété est couverte par un COV communautaire

Contrairement au COV national, qui ne produit ses effets que sur le territoire dans lequel il a été délivré, le COV communautaire produit ses effets sur l'ensemble du territoire des États membres de l'Union européenne. D'où la nécessité de vérifier que la variété n'est pas couverte par un COV communautaire.
Pour ce faire, il faut consulter la base de données de l'Office communautaire des variétés végétales (OCVV). Cette dernière est disponible en ligne en accès libre, mais uniquement en anglais.
Il est aussi possible de passer par la base « CPVO Variety Finder » de l’OCVV, mais ceci nécessite de se créer un compte.

Important :

Si la variété cesse d'être protégée par un COV (ou par un autre droit de propriété intellectuelle comme le brevet), cela ne signifie pas que la commercialisation de ses semences est libre. En effet, il ne sera possible de vendre les semences d'une variété du domaine public que si certaines règles relatives à la commercialisation sont respectées (règles sanitaires notamment). De plus, s'il s'agit d'une espèce réglementée (ce qui est le cas de la plupart des espèces cultivées), la variété doit rester inscrite dans un Catalogue officiel3) pour être commercialisée auprès de tous les publics (notamment les professionnels)…
Compte tenu des coûts de maintien au Catalogue, toutes les variétés tombées dans le domaine public n'y figurent plus forcément, et donc ne pourront pas continuées à être commercialisées auprès de tous les publics (notamment les professionnels).

Toutefois si la variété du domaine public ne figure pas dans le Catalogue officiel français, cela ne signifie pas nécessairement que sa commercialisation n'est pas possible. Il se peut en effet que la variété soit inscrite dans le Catalogue officiel d'un autre État membre de l'Union européenne :
Or, dès lors que la variété est inscrite dans le Catalogue national d'un État membre, elle peut être commercialisée sur le territoire des 27 États membres de l'Union européenne (si ce n'est pas une variété de conservation, qui ne peut être commercialisée que dans sa région d'origine).
On peut retrouver sur le site de la Commission européenne les différents Catalogues communs des variétés, qui compilent les variétés inscrites dans les Catalogues nationaux de l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Ceci suppose néanmoins de connaître la dénomination sous laquelle est enregistrée la variété dans l’État en question.

De plus, si les semences sont vendues pour un usage amateur l’obligation d’inscription de la variété au Catalogue ne se retrouve pas.
Pour plus d’informations sur ce point, voir notamment la fiche 2 du Kit réglementaire du RSP.
Vous avez vérifié que la variété n’était protégée ni par un COV français, ni par un COV
communautaire, vous croyiez être au bout de vos peines ?


Pas tout à fait ! En effet, il se peut également que la variété contienne des plantes concernées par un gène breveté.
Or il n'y a aucune référence à cette protection dans le Catalogue officiel des espèces et variétés de plantes cultivées, ni dans le Catalogue commun.


6-2 - Vérifier que la variété ne contient aucune plante concernée par un gène breveté

La base de données de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) permet d'avoir accès aux demandes de brevet et certificat d’utilité français mais également aux demandes européennes (brevets délivrés par l'Office européen des brevets) et internationales (brevets délivrés par l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle). La recherche n’est cependant pas aisée et il vous faut connaître le nom ou numéro du brevet.

Plus spécifique au végétal, la base de données du European Seed Association facilitera vos recherches sur ce point. Elle a été conçue pour permettre aux sélectionneurs de savoir quelle variété végétale est concernée par quels brevets.
Vous pouvez y avoir accès après vous êtes créé un compte. Cette base de donnée reste volontaire, cela signifie donc qu’elle n’est pas exhaustive …

Cette section 6 est issue d'un document du Réseau Semences Paysannes, publié sous licence CC BY-NC-SA


Concernant les maraîchers qui ont une activité complémentaire ou saisonnière de vente locale de plants de légumes à des collègues ou à des amateurs, la commercialisation de plants de légumes fait l’objet d’une d’une réglementation particulière, qui diffère de celle relative aux semences4) .

La commercialisation de plants de légumes est régie par un décret spécifique, le décret n°94-510 du 23 juin 1994 relatif à la commercialisation des jeunes plants de légumes et de leurs matériels de reproduction.
Ce décret retient dans son article 1 une définition de la commercialisation particulièrement extensive, puisqu’il s’agit du « maintien à disposition ou en stock, l'exposition ou l'offre à la vente, la vente, la mise à la disposition d'une autre personne sous quelque forme que ce soit ».
Ainsi, contrairement à la situation en matière de semences, la vente ou le don à des utilisateurs non professionnels est ici considéré comme une commercialisation.


7-1 -Circulation des plants maraîchers entre professionnels :

Les plants destinées à des essais ou des fins scientifiques, à des travaux de sélection ou à la conservation de la diversité génétique échappent aux exigences du décret. Ainsi, si vous souhaitez travailler sur ces volets avec des collègues, cela est possible, même s’il s’agit de variétés non inscrites au Catalogue officiel.
Par ailleurs si vous souhaitez vous organiser localement pour une production collective de plants (par exemple en fonction des espèces) entre maraîchers, il est légal dans le cadre de l’entraide agricole (voir article L.315-5 du Code rural) d’échanger des plants, même s’il s’agit de variétés non inscrites au Catalogue.

PRINCIPAUX POINTS À RETENIR :

  • Interdiction de vendre des plants de légumes de variété non inscrite au Catalogue officiel, y compris pour un usage amateur exclusif, sauf s’il n’existe pas de Catalogue pour l’espèce concernée (exemple : panais, salsifis, topinambour et aromatiques) (art. 2 du décret).
  • Obligation de se déclarer comme producteur, et le cas échéant, vendeur de plants auprès de l’organisme officiel responsable (ici, le Service Officiel de Contrôle et de Certification, le SOC, service du GNIS (1) afin d’obtenir l’agrément. (art. 6 du même décret).
  • Sauf en cas de vente exclusive en petite quantité à des amateurs, celui-ci est subordonné à la mise en place sur l’exploitation d’une procédure de contrôle de la qualité. Avec cet agrément, le producteur s’engage aussi à laisser accès à ses locaux à tout moment aux agents chargés du contrôle et de la surveillance, et à informer les autorités compétentes en cas de présence d’un organisme nuisible réglementé.
    A noter : Il s’agit bien d’une déclaration administrative et non d’une adhésion à l’interprofession GNIS.
  • Obligation de répondre aux conditions minimales de conformité et de qualité sanitaire de la variété déclarée (à retrouver dans les règlements techniques de production et de certification).
  • Obligations d’étiquetage particulières détaillées dans l’arrêté du 1 décembre 1994 relatif à l'étiquetage des plantes et des matériels de multiplication. Ces obligations sont allégées en cas de vente à un usage amateur.
  • Il est cependant obligatoire de faire figurer, sur une étiquette ou une pancarte :
    - la mention “Qualité communautaire” ou “Qualité C.E.E.” ;
    - le numéro d'agrément ou le nom du fournisseur ;
    - le nom botanique ou le nom commun si le plant n'a pas à être accompagné d'un passeport phytosanitaire ;
    - la dénomination de la variété telle que figurant dans le Catalogue officiel des variétés.

7-2 - Le contrôle de la commercialisation des plants de légumes

Ce contrôle (respect de la réglementation sur le Catalogue, l'étiquetage, les emballages, la pureté spécifique et variétale, le taux de germination…) est de la compétence des fraudes, soit au niveau départemental de la
DDPP5) ) .

Suite à la dénonciation de la convention nationale passée avec le SOC/GNIS pour déléguer le contrôle de la commercialisation des semences et plants maraîchers à ce dernier, un agent du GNIS n’est plus habilité à contrôler seul la commercialisation des semences et plants.
Seuls des agents des fraudes peuvent le faire, accompagnés au besoin d’un agent du GNIS à titre d'expert et non de contrôleur. Cela ne remet cependant pas en cause l'obligation légale d'enregistrement de tout fournisseur de plants
auprès du SOC (cf ci-dessus).

Lors de ces contrôles, les agents des fraudes s’assurent avant tout de 2 points :
1 : que l’on ne trompe pas le client : tout ce que l’on dit, écrit (catalogue, sachet, etc.) doit correspondre à la réalité, doit pouvoir
être prouvé.
2 : que nos pratiques n’entraînent pas de distorsion de concurrence vis-à-vis des autres acteurs de la filière.
Ces contrôles s’effectuent sur les lieux de commercialisation (marchés, magasins…).


7-3 - Le contrôle de la production des plants de légumes

Ce contrôle (respect des règles de maîtrise des risques sanitaires), est de la compétence du Service Officiel de Contrôle et de Certification (SOC) du GNIS6) .
Ce contrôle peut s'effectuer sur l'exploitation, mais aussi sur les marchés (n° d'agrément, prise d'échantillon).


7-4 - Ce qui peut être collectivement défendu

Le Réseau Semences Paysannes remet en cause une partie de réglementation actuelle, et demande en particulier :

  • L’indépendance de l’autorité compétente responsable de l’enregistrement et des contrôles, aujourd’hui confié au SOC,
  • service du GNIS, interprofession de la semence ;
  • La proportionnalité des contrôles aux risques réels de fraude ou sanitaire, à la taille des producteurs et des marchés ;
  • L’adaptation des règles sanitaires aux agricultures biologiques et paysannes (basées sur l’équilibre des écosystèmes et la non éradication systématique de tout pathogène) et proportionnées pour les petits producteurs ;
  • L’autorisation de la vente de plants de variétés non inscrites, comme pour les semences ;
  • L’exemption de l’obligation d’enregistrement pour les petits paysans, notamment maraîchers, pour lesquels la vente de plants est une activité annexe, dans la mesure où ils sont déjà enregistrés auprès de la MSA et du Registre de l'Agriculture, ce qui leur donne le droit d'écouler leur propre production.

7-5 - Les recommandations pour satisfaire les obligations minimales

Afin de pouvoir répondre aux points développés en amont, il est utile de pouvoir afficher ou donner l'information sur l'origine des semences ou plants multipliés que vous écoulez en précisant simplement si vous êtes à l'origine de cette production ou, le cas échéant, qui est votre fournisseur.
Par ailleurs, il est logique d'afficher le nom botanique ou le nom commun des espèces de plants vendus.
De même, pour informer votre client, vous pouvez préciser la dénomination de la variété.

Deux cas peuvent se présenter ici :

  • Les plants n'appartiennent pas à une variété inscrite au Catalogue officiel :
    -Indiquez le nom usuel qui est utilisé pour qualifier cette variété et qui la distingue des autres. Pour éviter d’être accusé de tromper le client, préciser alors : « variété non inscrite au Catalogue officiel »
  • Vos plants appartiennent à une variété inscrite au Catalogue officiel :
    -Son nom est donc celui qui y figure ou sa traduction en français.

N’oubliez pas non plus de vérifier que la variété n’est pas couverte pas un droit de propriété industrielle !


7-6 - S'organiser collectivement en cas de contrôle abusif

Concrètement, des contrôles ont déjà eu lieu sur des marchés en Ariège (en 2013) auprès de maraîchers vendant des plants de variétés non-inscrites au Catalogue, la mobilisation locale qui s’en est suivie, soutenue par le RSP et l’association des Croqueurs de Carotte a permis de limiter les conséquences pour les maraîchers concernés.
Pour être cohérents avec les demandes présentées ci-dessus et pour faire évoluer la réglementation dans le bon sens, nous pouvons continuer à nous organiser. Le RSP est résolu à soutenir (et même encourager) tous les petits producteurs vendeurs directs qui refusent de se déclarer auprès du GNIS ou qui vendent des plants de variétés non inscrites au Catalogue, à partir du moment où leur commerce est loyal (conformité du produit vendu avec les allégations qui l'accompagnent) et où ils maîtrisent les risques sanitaires.

Afin de pouvoir agir collectivement, nous avons besoin d'informations précises. En cas de contrôle, n'oubliez pas de noter :
- les nom, service, lettre de mission de l'agent contrôleur ;
- la nature du contrôle effectué : commercialisation, production, sanitaire… ;
- le jour et l'heure du contrôle ; les prélèvements éventuels ; les réglementations invoquées par l'agent…

Vous pouvez faire remonter ces informations à l’adresse suivante :

contact@semencespaysannes.org


7-7 - Infos légales


Tous les textes juridiques cités sont disponibles sur internet. Le plus simple est de copier leur intitulé (par exemple : Décret n°94-510 du 23 juin 1994), puis de le coller dans la fenêtre de votre moteur de recherche qui vous renverra à Légifrance.Au delà de ces textes généraux, il faut citer les règlements techniques qui s'appliquent pour la production des plants. Ces règlements (général et annexes) sont disponibles sur le site du GNIS (onglet « Le GNIS »/ « Service officiel de contrôle et de certification » puis en bas de page « Les règlements techniques de la production, du contrôle et de la certification »).

Cette section 7 est issue d'un document du Réseau Semences Paysannes, publié sous licence CC-BY-NC-SA


Fiches réalisées validées par le groupe Botanique de NMP de l'association Nature Midi-Pyrénées, pouvant être téléchargées sur son site.


Apiacées (Ombellifères)

Environ 3000 espèces dans le monde (quelques 420 genres) ; plus de 150 espèces dans la région (environ 60 genres) ; famille répandue en particulier dans les régions tempérées ; ancien nom provenant de l'inflorescence en ombelle caractéristique de cette famille ; nom actuel dérivant du genre Apium qui désigne les aches.

Exemple : carotte

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille :

  • Inflorescence composée d'une ou plusieurs ombelles généralement composées : les ombelles primaires (avec ou sans bractées), et les ombelles secondaires (ou ombellules) situées au bout des branches principales ;
  • Fleurs hermaphrodites fertiles, parfois fleurs périphériques mâles stériles ;
  • Corolle à 5 pétales libres et caducs, généralement échancrés (petites fleurs à symétrie d'ordre 5) ;
  • Calice absent ou comprenant 5 sépales minuscules ;
  • 5 étamines alternes avec les pétales ;
  • Ovaire infère à 2 carpelles ; formation d'un axe central (columelle) lors de la séparation des 2 carpelles à maturité ;
  • Chaque carpelle est terminée par un court style ; les 2 styles forment à leur base un disque nectarifère ;
  • Fruit sec indéhiscent composé de 2 akènes soudés qui se séparent à maturité, chacun contenant une graine ; faces
  • Externes des akènes très diverses (lisses, sillonnées, ailées, épineuses, comprimées, velues, etc.) ;
  • Feuilles alternes dont les pétioles engainent partiellement la tige ; limbe très souvent divisé et de grande taille ;
  • Tige souvent creuse, striée ou sillonnée ;
  • Plantes herbacées, souvent odorantes.
Organisation générale d'une Apiacée :

Astéracées (Composées)

Environ 25000 espèces dans le monde (quelques 1100 genres) ; plus de 360 espèces dans la région (environ 100 genres) ; c’est une des plus vastes familles de plantes à fleurs ; nom provenant du genre Aster.

Exemple : tournesol

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille (les genres Xanthium (lampourdes) et Ambrosia (ambroisies) ne sont pas pris en considération dans cette fiche) :

  • Fleurs nombreuses et sessiles, réunies sur un réceptacle entouré d’un involucre de bractées (capitule) ; ces
  • dernières sont en général disposées sur plusieurs rangs, les externes étant plus courtes que les internes ; les
  • combinaisons des 2 types de fleurs (voir ci-dessous) ont donné 3 groupes principaux à l’intérieur de la
  • Famille (capitule à fleurs toutes ligulées, ou toutes tubulées, ou composé des 2 types) ;
  • Fleur tubulée à corolle généralement à 4-5 pétales soudés en un tube prolongé par 4-5 lobes ou dents ;
  • Fleur ligulée à pétales soudés en un tube prolongé latéralement par une languette (ou ligule) ;
  • Fleurs généralement hermaphrodites, parfois unisexuées, les périphériques pouvant être stériles ;
  • Calice très réduit ou nul, consistant souvent en une touffe de poils ou de soies ;
  • 4-5 étamines insérées sur le tube de la corolle ; anthères soudées en tube entourant le style ;
  • 2 carpelles soudés formant 1 ovaire infère à 1 loge ;
  • 1 style et 1 stigmate bifide ;
  • Fruit : akène, pouvant être surmonté d’une aigrette de soies (plumeuses ou non).

Brassicacées (Crucifères)

Environ 3700 espèces dans le monde (quelques 300 genres) ; plus de 150 espèces dans la région (environ 60 genres) ; famille répandue partout et dans tous les milieux ; nom provenant du genre Brassica (choux).

Exemple : choux

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille :

  • 4 pétales libres, disposés en croix (opposés 2 à 2), possédant un onglet, et alternes avec les sépales (qui sont aussi libres et au nombre de 4) ;
  • Fruit allongé (silique) ou court (silicule), parfois terminé en bec ; généralement déhiscent (s’ouvrant de la base vers le sommet par 2 valves séparées par une cloison) ; graines disposées sur 1 ou 2 rangs ;
  • 6 étamines : 4 grandes (internes) et 2 plus petites (externes) ;
  • Plantes herbacées, rarement ligneuses à la base ;
  • Feuilles alternes (rarement toutes radicales (à la base de la tige) ou opposées), sans stipules ;
  • Fleurs hermaphrodites, disposées en grappe simple s’allongeant à la fructification ;
  • 2 carpelles fertiles formant 1 ovaire supère ;
  • 1 style, à stigmate entier ou bilobé.
Détail des organes sexuels d'une fleur

Fabacées (Légumineuses)

Cette famille regroupe 18000 espèces (dans environ 700 genres), réparties des régions équatoriales jusqu'aux pôles. On peut compter plus de 200 espèces dans la région. Elle comprend 3 sous-familles : les Caesalpinioideae (arbre de Judée, caroubier, etc.), les Mimosoideae (acacias, mimosas…) et les Faboideae (ou Papilionideae). Seule cette dernière sera étudiée ici.

Exemple : fèves, haricots, pois.

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette sous-famille :

  • Corolle irrégulière de type papilionacée, composée de 5 pétales inégaux :
  • 1 supérieur, grand, en position redressée à la verticale : l'étendard,
  • 2 pétales latéraux, servant de « pistes d'atterrissage » pour les insectes : les ailes,
  • 2 pétales inférieurs, soudés par le bas, protégeant les parties fertiles de la fleur : les carènes ;
  • Calice à 5 divisions, souvent à deux lèvres ;
  • 10 étamines, soudées par les filets en groupe de neuf ou de dix ;
  • 1 ovaire supère à 1 carpelle ;
  • Fruit : gousse (légume) contenant plusieurs graines, pouvant s’ouvrir mécaniquement suivant une ou 2 lignes longitudinales ;
  • Feuilles opposées ou alternes, souvent composées, munies de stipules et/ou de vrilles ;
  • Particularité : les plantes de cette famille vivent en symbiose avec une bactérie (Rhizobium) qui forme des nodules sur les racines et fixe l'azote atmosphérique ; elles sont donc d'un grand intérêt en agriculture.

Lamiacées

Environ 3200 espèces dans le monde (réparties dans plus de 200 genres) ; plus de 120 espèces dans la région (environ 30 genres) ; nom provenant du genre Lamium (désignant les lamiers).

Exemple : basilic, menthe, thym…

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille :

  • Tiges généralement quadrangulaires (présentant 4 angles et 4 faces) ;
  • Feuilles opposées et décussées (chaque paire formant un angle droit avec la précédente), sans stipules ;
  • Inflorescences groupées autour de l’axe et dans un même plan, n’entourant pas complètement la tige (disposition en faux-verticilles) ;
  • Fleurs présentant un plan de symétrie bilatéral (1 ou 2 lèvres) ou quasiment radial (4 lobes presque égaux) ;
  • Calice à 2 lèvres ou à plusieurs lobes égaux et aigus ;
  • Étamines insérées sur le tube de la corolle, au nombre de 2 ou 4 (dans ce dernier cas en 2 paires inégales) ;
  • 2 carpelles soudés formant un ovaire supère ; style bifide ;
  • Plantes souvent aromatiques, les feuilles contenant des glandes qui renferment des huiles essentielles.
Représentation d'une fleur de sauge :

Liliacées

Environ 4000 espèces dans le monde présentes sur tous les écosystèmes terrestres à l'exception de ceux des régions très froides. Les recherches récentes ont fait éclater cette famille. Aujourd'hui, les Liliacées proprement dites ne comptent plus que 420 espèces réparties en une dizaine de genres. Plus d'une vingtaine des précédentes sous-familles se sont vues attribuer le statut de famille, non traitées dans cette fiche : phalangères (Anthericacées), asperges (Asparagacées), asphodèles (Asphodelacées), colchiques (Colchicacées), muguet et sceaux-de-Salomon (Convallariacées), jacinthes, scilles et muscaris (Hyacinthacées), fragon (Ruscacées), etc.

Exemple : asperges

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille :

  • Plantes monocotylédones à bulbes ;
  • Périanthe (ensemble calice + corolle) composé de 3 sépales et de 3 pétales, ces 6 éléments étant semblables (on les appelle des tépales) ; les 2 cycles - sépales et pétales - sont alternes ;
  • 6 étamines, insérées à la base du périanthe ou sur le réceptacle, disposées en 2 verticilles de 3 ;
  • 3 carpelles formant un ovaire supère (à 3 loges) ;
  • 1 style simple, souvent à 3 stigmates ;
  • Capsule (fruit sec) s’ouvrant en 3 valves ;
  • Inflorescence à fleurs solitaires, en grappe, ou en corymbe, non en tête arrondie, sans spathe ;
  • Feuilles alternes, rarement opposées, simples, le plus souvent allongées, à nervation parallèle ;
  • Tige feuillée, au moins à la base.

Rosacées

La famille des Rosacées doit son nom à la rose sauvage (genre Rosa) et comporte environ 3400 espèces (réparties dans plus de 100 genres). On y rencontre des arbres (cerisier, pommier…), des arbustes (églantier, prunellier…) et des plantes herbacées (potentille, fraisier…).

Exemple : néflier du Japon (bibacier), cerisier, fraisier, framboisier, poirier, pommier, prunier, roncier

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille :

  • 5 sépales soudés, formant une coupe : c’est la présence de cette coupe qui permet de ne pas confondre les Rosacées avec certaines Renonculacées (bouton d’or) ;
  • Fleurs régulières, comportant généralement 5 pétales libres ;
  • Nombreuses étamines, réunies par leur base sur la coupe ;
  • Un ou plusieurs carpelles, libres dans la plupart des cas ;
  • Fruits pouvant être secs (akènes du fraisier, follicules de la reine des prés) ou charnus (drupes du cerisier, baies complexes du framboisier, piridion - faux-fruit - du pommier) ;
  • Feuilles pouvant être simples (cerisier) ou composées (fraisier), avec généralement des stipules.

Solanacées

Cette famille compte environ 2500 espèces (réparties en une centaine de genres), très présentes en Amérique du Sud : arbres, arbustes, lianes et herbes vivaces ou annuelles. Son nom provient du genre Solanum (morelles), qui viendrait du latin « solari » signifiant « soulager », du fait des propriétés médicinales de certaines espèces.

Exemple : aubergine, poivron, pomme de terre, tamarillo, tomate

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille :

  • Fleurs hermaphrodites et le plus souvent régulières ;
  • Sépales soudés et persistants, à 5 divisions peu profondes ;
  • 5 pétales soudés, formant une corolle en étoile (lobes soudés seulement à leur base) ou en tube (lobes soudés quasiment jusqu’au sommet) ;
  • Étamines soudées aux pétales, en même nombre que ces derniers (5 dans nos régions) et égales ;
  • Ovaire généralement à 2 loges ;
  • Fruit pouvant être une baie (morelle, belladone, tomate…) ou une capsule (datura, jusquiame…) ;
  • Graines rondes et plates, très nombreuses dans chaque fruit.
Représentation des 2 groupes de Solanacées :

Valérianacées

Environ 350 espèces dans le monde, réparties dans 15 genres environ ; une vingtaine d’espèces dans la région, faisant partie de 3 genres ; famille répandue partout, dans tous les milieux ; nom provenant du latin Valere, qui signifie « être en bonne forme », faisant référence aux vertus médicinales de cette famille de plantes.

Exemple : mâche

Caractéristiques générales permettant de reconnaître une plante appartenant à cette famille :

  • Corolle en entonnoir, à tube parfois légèrement bossu à la base (plus rarement éperonné), et terminé par 5 lobes très légèrement inégaux ;
  • Calice le plus souvent insignifiant (limbe nul), parfois réduit à des dents, ou roulé en dedans pendant la floraison,
  • persistant sur le fruit ;
  • Fleurs généralement hermaphrodites, rarement unisexuées, plus ou moins irrégulières, groupées en corymbes ou
  • en cymes, souvent assez denses ;
  • 1 à 3 étamines, insérées à la base du tube de la corolle ;
  • Ovaire infère à 1-3 carpelles, surmonté d’un style terminé par 1-3 stigmates ;
  • Fruit sec indéhiscent (akène), à 1 seule graine, parfois couronné d’une aigrette de poils ;
  • Feuilles opposées, parfois toutes basales, sans stipule, entières à pennatiséquées ;
  • Plantes herbacées, parfois légèrement ligneuses à la base ;
  • Plantes présentant une odeur particulière à l'état sec, reflétant la présence de l'acide valérianique et ses dérivés, souvent abondants dans les racines.

Un semis direct consiste en un semis en pleine terre, à la main, ou aidé d'un semoir. Il se pratique sur un sol déjà affiné, préalablement préparé, nommé lit de semence, obtenu par différents outils affinant le sol, tels que le cultirateau, herse rotative, motoculteur, rotobêche, vibroculteur (sur sol plutôt léger).

Avantages Inconvénients
-Aucun terreau
-Meilleur enracinement
-Moins coûteux qu'une production de plants
-Éclaircissage indispensable
-Concurrence des adventices
-Désherbage nécessaire

Le semi direct est parfois obligatoire ou facilite la reprise, pour les carottes, fèves, haricots navets, panais, pois, radisn et rutabagas. Sur sol assez fin, peuvent être également envisagé les cultures d'épinards, de mâche, poireaux, et oignons, avec parfois nécessité d'éclaircissement et repiquage.

Une température de sol favorable, est une condition indispensable à la bonne levée des graines. Il est en outre possible de favoriser le réchauffement du sol à l'aide de voiles de forçage.

Le semis peut être effectué à la volée (à la main), en ligne, en poquet, ou avec un semoir pouvant effectuer un semis de précision, en bande éclatée, ou en poquet). L'on peut notamment pratiquer le semis en poquet pour les haricots, et un semis à la volée concernant les engrais verts.

Image issue des livres “Techniques horticoles“ Tome 1, Tome 2, Tome 3, de Pierre Gautreau et Alain Machefer

Il est possible d'utiliser un semoir manuel avec un ou plusieurs socs, et un semoir tracté de précision pour les grandes superficies.

Voici quelques exemples de semoirs :

Terradonis
Ebra
Ebra tracté
Le semoir Ebra tracté permet une mécanisation de toutes les actions culturales suivantes : binage, buttage…

Image issue des livres “Techniques horticoles“ Tome 1, Tome 2, Tome 3, de Pierre Gautreau et Alain Machefer
1 - Les graines sont placées dans une trémie.
2 - Lorsque le semoir est poussé les roues entraînent une chaîne qui fait tourner des pignons qui entraînent des rouleaux comportant des trous dans lesquels se logent les graines.
3 - La graine tombe dans un sillon ouvert par un soc placé à l'avant et ensuite le sillon est fermé par un organe de recouvrement.
4 - Le sillon est ensuite tassé par une roue ou un rouleau de terrage.

Le semoir doit être réglé afin de respecter la densité souhaitée. Cette dernière, généralement fournie par les semenciers, est calculée sur 1m², par la distance entre les rangs (inter-rangs) et la distance entre les graines (intra-rang). Ces distances sont précisées dans le tableau ci-dessous, et généralement précisées sur les catalogues.


3-1 - Tableau des semis en cultures maraîchères

Espèce Dose de semis par are Graines au gramme Poids 1000 graines (PMG) Germination optimale Germination optimale - Température (S)emis direct (R)epiquage Distance de plantation inter-rangs Distance de plantation intra-rangs Profondeur de semis ou plantation Plants à l'hectare (M=Mille) Temps de levée moyen Intervalle moyenne de récolte Durée de vie des semences
-Ail 4 à 5 cm 1 à 2 semaine-4 à 5 mois (printemps)
-8 à 9 m
-Artichaut 8 à 10 cm Multiplication par éclat3 à 4 m
-Asperge blanche 45-50 5-7 jours20-25 °cR40-60 cm / 180-220 cm8-10 / 30-40 cm 170-250 M
10-18 M
-Asperge verte 45-50 R
-Aubergine 200-2504 g10 j24 °cR100-150 cm50-60 cm 15-20 M1 s (couche chaude)5 m6 ans
-Betterave rouge 200g/a50-7020 g8 j15-22 °cS/R30-40 cm6 cm3 cm50-60 M10 j3 à 4 m6 ans
-Carotte bottes 60 à 80g/a700-12001 g8 j10 °cS20 cm2 cm1 à 2 cm1400-1200 M10 à 20 j3 à 6 m selon précocité4 ans
-Carotte conservation 30 à 40g/a700-12001 g8 j10 °cS20-25 cm2 cm1 à 2 cm 10 à 20 j3 à 6 m selon précocité4 ans
-Carotte industrie 700-12001 g8 j10 °cS 1 à 2 cm 10 à 20 j3 à 6 m selon précocité4 ans
-Céleri branche 25000,4 g15-20 j18-22 °cS/R30-40 cm25-30 cm0,5 cm85-135 M10 à 20 j6 à 7 m6 ans
-Céleri rave 1–2 g/a28000,4 g15/20 j18-22 °cS/R50-60 cm40-50 cm0,5 cm40-60 M10 j6 à 7 m6 ans
-Cerfeuil tubéreux 400-500 60 j5-10 °cS/R20 cm10 cm 400-500 M
-Chicorée frisée 500-600 36H18-25 °cR35-45 cm30-35 cm 50-90 M1 s3 à 4 m
-Chicorée scarole 500-600 36H18-25 °cR30-35 cm20-25 cm 45-70 M1 s3 à 4 m
-Choux brocolis 250-3503 g7-10 j15-18 °cR50-90 cm35-50 cm0,5 cm22-60 M 5 ans
-Choux de Bruxelles 300-3503 g7-10 j15-18 °cR60-70 cm50-60 cm0,5 cm23-40 M 5 ans
-Choux cabus 250-3503 g7-10 j15-18 °cR60-70 cm35-60 cm0,5 cm25-60 M 5 ans
-Choux chinois 3003 g7-10 j18-20vS/R30 cm35 cm0,5 cm70-150 M1 s2 à 3 m5 ans
-Choux choucroute R 5 ans
-Choux fleur 250-3503 g7-10 j15-18 °cR70-95 cm60-90 cm0,5 cm10-25 M3 j4 m5 ans
-Choux pommé 2-4g/a250-3303 g R 0,5 cm 3 j4 à 7 m selon précocité5 ans
-Choux raves 5-10g/a220-2853g 30 cm30 cm0,5 cm 4 à 6 j2 à 5 m selon précocité5 ans
-Concombres 30-50g/a30-3530 g4-5 j28 °cR100-120 cm70-80 cm2 à 3 cm11-15 M8 j3 à 4 m8 ans
-Cornichons 30-50g/a30-3530 g R
-Coqueret du Pérou 800-1000 10 j18-22 °cR150 cm65 cm 9 M
-Courges 60-100g/a4-5125-250 g6-8 j24 °cR200-250 cm60-80 cm3 à 4 cm6-7 M1 s3 à 5 m4 ans
-Courgette 50g/a6-8150 g6-8 j24 °cR120-170 cm40-60 cm3 à 4 cm12-20 M8 j2 m4 ans
-Cresson alénois 60-80g/m² volée / 20g/m²en rang
-Épinard frais 300g/are10010 g S/R30-40 cm4 cm400-600 M1 s2 m5 ans
-Épinard industrie 400g/are10010 g8 j10 °cS/R20-25 cm6 cm4 cm650 M1 s2 m
-Fenouil 50g/a200-250 8-10 j18-22 °cS/R35-50 cm15-25 cm 90-150 M10 à 20 j-3 à 4 m abrité au printemps
-7 à 8 m en automne
-Fèves fraîches 1,6kg/a0.52 Kg8 j5-10 °cS40-50 cm15-20 cm 100-1208 à 10 j-3 à 4 m au printemps
-7 mois en automne
6 ans
-Haricots verts nains 0.8-1.2kg/a4-7150-250g7 j12 °cS (R)45-55 cm5-6 cm2 à 3 cm300-4005 à 10 j2 m3 ans
-Haricots grains 150-250g S 2 à 3 cm 5 à 10 j2 m3 ans
-Haricots à rames 0.7-1kg/a2,2 à 3,3150-250g S 2 à 3 cm 5 à 10 j2 m3 ans
-Laitues (plein champs) 5-10g/a800-10001 g5-7 j12-15 °c(S) R30-40 cm30 cm1 cm90-120 M4 à 6 j2 à 7 m selon période4 ans
-Laitues serre 5-10g/a800-10001 g R25-30 cm25 cm1 cm120-160 M4 à 6 j5 m en hiver4 ans
-Mâche 150g/a500-10001 à 2 g6-8 j10-12 °cS/R8-15 cm2 cm1 à 3 cm4000-6000 M8 à 10 j3 à 5 m4 ans
-Maïs doux 200g/a6-8 7 j12-15 °cS/R70-80 cm20-25 cm 50-70 M 2 ans
-Melon 30-37 7 j25-28 °c(S)/P150-200 cm45-70 cm 8-18 M5 à 6 j (20°c)4 à 5 m
-Navet 400-6002 g5-7 j15-18 °cS15-30 cm5-10 cm1 à 2 cm600-800M3 j2 à 4 m4 ans
-Oignon conservation 200g/are250-3503 à 4 g10 j12-18 °cR25-30 cm3-4 cm1 cm800-1200 M10 à 12 j8 m (fin d'été)2 ans
-Oignon frais 250-3503 à 4 g10 j12-18 °cR25-35 cm205-3 cm1 cm400 à 500 M10 à 12 j8 m (fin d'été)2 ans
-Oignons bulbilles 100 kg/ha 3 à 4 g 1 cm 10 à 12 j 2 ans
-Panais 30-50g/a S 15 j7 m
-Pastèque 25-35 8 j20 °cR180-200 cm60-80 cm 8-15M
-Persil 600-700 21 j10-15 °cS/R30-35 cm5 cm 600-800 M
-Pissenlit 900-1700 8 j12-15 °cS/R35-40 cm10 cm 250-300 M
-Poireau 10-15g/a350-4002,5 à 3 g10-20 j12-18 °cR50-65 cm6-12 cm1 cm150-300 M10 à 15 j5 m2 ans
-Poirée 100-150g/a60-80 10 j12 °cS/R60-70 cm30-35 cm 45-60 M10 à 12 j2 à 3 m
-Pois frais 2kg/a306150 à 300 g8 j12 °cS50-70 cm2-5 cm4 à 5 cm500-700 M10 à 30 j (selon °c)3 à 4 m4 ans
-Pois mange-tout S 4 à 5 cm 4 ans
-Poivron (et Piment) 4-10g/a120-2005 g10 j20-25 °cR90-95 cm40-50 cm1 cm20-25 M10 à 20 j (selon °c)
-5 à 6 m (extérieur)
-3 à 4 m (abris)
4 ans
-Radis demi-long 100-1505 à 10 g5-7 j15-18 °cS10 cm2-3 cm2 cm5000-6000 M3 à 5 j3 à 4 s4 ans
-Radis long blanc 70-805 à 10 g5-7 j15-18 °cS40-50 cm8-10 cm2 cm200-300 M3 à 5 j3 à 4 s4 ans
-Radis rond 200-300g/a150-2005 à 10 g5-7 j15-18 °cS10 cm2-3 cm2 cm3500-4500 M3 à 5 j3 à 4 s4 ans
-Salsifis S
-Scorsonère 80-100 S
-Tomate fraîche Plein champ 2g/a250-3003 à 4 g8 j20-25 °cR100-150 cm40-50 cm3 à 4 cm12-25 M6 à 10 j4 à 5 m4 ans
-Tomate fraîche sous abris 250-3003 à 4 g8 j20-25 °cR80-100 cm40-50 cm3 à 4 cm20-25 M6 à 10 j4 à 5 m4 ans
-Tomate conservation 250-3003 à 4 g8 j20-25 °cR200 cm50 cm3 à 4 cm10 M6 à 10 j4 à 5 m4 ans

Les recommandations de réglages du semoir sont habituellement précisées sur le manuel du fournisseur, voir directement sur l’outil. Ces réglages consistent à changer les pignons, les rouleaux, et la distance entre les socs, et la profondeur de semis.


Démonstration du semoir EBRA

3-2 - Recommandations pour un bon semis

  • Utilisation de jeunes graines, stockées à 5°c.
  • Préparation d'un lit de semence, suppression des herbes ou débris sur la planche de culture.
  • Respect des distances de semis préconisées, à l'aide des documents du semoir et du tableau des semis.
  • Respect de la profondeur de semis des graines.
  • Plombage des semis à l'aide d'un rouleau de terrage à l’arrière du semoir afin de favoriser le contact des graines avec la terre.
  • Arrosage suffisant et surveillance de l'humidité avant la levée, toute graine ayant besoin d’eau pour lever sa dormance.
  • Évitement de l’arrosage à grosses gouttes, au risque de favoriser l'apparition d'une croûte de battance, provoquée par la remontée des limons, et pouvant empêcher la levée des graines.
  • Installation d'un voile de forçage type P17 afin de conserver l’humidité, empêcher la formation d'une croûte de battance, et/ou protéger du froid.
  • Installation d'un voile anti-insectes afin d'éviter les attaques d’insectes, tels que les altises, limaces, papillons (ponte de la piéride du choux par exemple).

Il est nécessaire de déterminer la densité de semis pour une culture, afin de calculer la quantité de graines nécessaire.

Exemple sur un semis de carottes :

Superficie : 50m2
Nombre de planches : 1
Largeur d'une planche : 100cm (1m)

-Sur une planche de 1m de large, il est possible de faire 4 lignes (rangs) espacées de 20cm (distance inter-rangs).
-Une graine est semée tous les 1,5 cm sur son rang (distances intra-rangs).

En divisant les 100cm de largeur de planche par l'espace de 1,5cm de distance (intra-rangs), l'on obtient 66,66 graines pour une ligne (rang) de 1m de long. Il suffit ensuite de multiplier par 4 rangs pour obtenir 266,64 graines/m².
La densité de semis sera donc de 266 plants/m².

Pour calculer sur 50m², il suffit ensuite de multiplier cette superficie par les 266,64 plants/m².
Ainsi, l'on obtient un résultat de 13332 graines nécessaires pour semer sur une superficie de 50m².

Une marge d’erreur de 30 % s'applique en raison d'un aléas impondérable dans la faculté germinative des graines.
Pour ce faire, l'on reprend les 13332 graines divisées par 100 puis multipliées par 30.
L'on obtient ainsi 3999,6 graines de plus nécessaires pour le semis, qu'on arrondit à l'unité supérieure, qu'il ne reste plus qu'à additionner aux 13332 graines.

Soit 13332+4000 = 17332 graines nécessaires pour réaliser le semis sur 50M2.

Remerciements au CFPPA de Fonlabour pour ses cours accessibles sur son moodle d'apprentissage à ses étudiants, sous licence Creative Commons BY-NC-ND «Paternité» «Non Commercial» «Pas de modifications» , et à Sandrine Miot, ayants inspiré l'article de cette page, sans pour autant chercher à le copier intégralement ou partiellement, le modifier, conformément à la licence énoncée. Les images présentées ici, issues desdits cours, n'ont pas été modifiées, tel qu'énoncé par la licence, et restent dans tous les cas propriété de leurs auteurs respectifs comme toutes les ressources externes à l'encyclopédie dont seuls les écrits sont sous licence Creative Commons BY.


1)
Cette protection est parallèle à l’inscription au Catalogue des variétés. Ainsi, toutes les variétés appartenant au Catalogue ne sont pas forcément couvertes par un COV.
2)
Les règlements techniques d’examen des variétés de conservation et des variétés sans valeurs intrinsèque stipulent que pour être inscrite sur ces listes, la variété ne doit pas faire l’objet d’un COV.
3)
Ce qui nécessite de respecter les critères d'inscription au catalogue : DHS, et VATE pour les espèces de grandes cultures.
4)
Groupement national de l’interprofession des semences.
5)
Les directions départementales de la protection des populations sont les services déconcentrés de la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes). Leurs pouvoirs de contrôle leur sont conférés par le Code de la consommation avec les articles L218-1 à L218-7 (pouvoirs de police administrative) et les articles L 215-1 à L215-21 (pouvoirs de police judiciaire
6)
Ce contrôle (respect des règles de maîtrise des risques sanitaires), est de la compétence du Service Officiel de Contrôle et de Certification (SOC) du GNIS (1). Ce contrôle peut s'effectuer sur l'exploitation, mais aussi sur les marchés (n° d'agrément, prise d'échantillon).
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  • Dernière modification : il y a 3 ans
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